Le ministre Gassama laboure là où il ne faut pas : après sa démission, je vous propose un ancien article sur Gassama Diaby

ACTUALITE 0

Depuis sa nomination, et même bien avant, je suis les interventions de monsieur Kalifa Gassama Diaby, actuel ministre des Droits de l’Homme. Au début, j’étais admiratif. Puis cette admiration s’est transformée en scepticisme avant de tomber finalement en déception. Alors là une grande déception !
J’ai admiré au début le ministre Diaby par la qualité intellectuelle de ses interventions, son habileté à manier la langue de Molière le tout dans un ton rassurant. J’étais heureux car de nos jours, on trouve rarement un jeune avec un tel bagage académique qui plus est, était structuré dans ses propos. C’est la même admiration que je voue aujourd’hui au docteur Sakoba Kéita, un homme structuré dans ses propos et qui maitrise admirablement sa matière.
Quant au ministre Diaby, l’on voyait pour la première fois un membre d’un même gouvernement dénoncer courageusement les dérapages de l’équipe à laquelle il appartient. Les exactions des forces de l’ordre lors des manifestations de l’opposition sont dénoncées, les arrestations arbitraires, les déportations et les tortures également. C’était une première. Et le ministre Diaby, bravant les balles et autres projectiles, n’hésitait pas, au risque de sa vie, à descendre dans les quartiers chauds de Hamdallaye, Bambéto et Coza pour calmer les ardeurs des manifestants et discipliner les forces de l’ordre. Il a le plus souvent été porté en triomphe par les militants de l’opposition pendant que ceux de la majorité criaient à la traitrise. Personnellement, je trouvais que le ministre était dans son rôle. J’admirais pour ainsi dire son courage et son franc-parler, sa hantise à défendre vaille que vaille les droits de l’Homme et la dignité de la personne humaine.
Et puis le ministre s’est mis à bavarder, bavarder et encore bavarder sur le même thème sans pour autant apporter des solutions adéquates en ses dénonciations. Des discours soporifiques dignes d’un rastaman en plein délire et le délirium trémens n’était pas pour arranger les choses. Les dénonciations ne concernaient plus des institutions déliquescentes mais des individus comme la Présidente du CNC ou encore le ministre Makanéra Kaké. Là je me suis montré sceptique. Il y a tellement de chantiers en matière de défense des droits de l’Homme en Guinée qu’il ne faudrait pas s’attarder à des attaques de personnes ou régler des comptes personnels. Mais scepticisme ne voulant pas dire découragement, je me suis dit que le ministre se reprendrait vite.
Et quand le leader de l’UFDG, depuis Chicago, a lancé l’appel à la guerre ethnique en Guinée, je me suis attendu à une réaction violente de notre ministre défenseur des droits de l’Homme. J’attends encore. Et je ne comprends rien. Un tel discours devait être fustigé avec la dernière énergie par le ministre censé défendre les droits de l’Homme. Pour noyer le poisson et faire oublier son manque de réaction par rapport à un sujet aussi grave, le ministre s’est invité dans un débat inutile entre une radio privée et un de ses collègues, occupant les médias dans des polémiques d’étudiants avec en toile de fond des propos discourtois. Comme pour dire « le discours de Chicago, je m’en bats l’œil et le moulin ».
La déception a été d’autant vive qu’un sujet préoccupant n’a jamais été dénoncé par le ministre Diaby : il s’agit de l’esclavage au Foutah. J’ai prié silencieusement que le ministre Diaby, avec le courage que je croyais le caractériser, ose mettre les pieds dans le plat et dire tout haut ce que tout le mode pense bas. A l’instar de Mansour Kaba, le ministre Diaby devrait « choisir de combattre aux côtés des victimes dépossédées, déshumanisées et sans recours depuis près de trois siècles ». C’est là son rôle. Et c’est là véritablement que réside la défense des droits de l’Homme et non voler au secours de petits voyous qui brûlent des pneus, violent des citoyennes et caillassent des véhicules et autres magasins. C’est avec ce combat qu’il entrera dans l’Histoire. Mais peut-il seulement, à ce niveau, oser faire son travail ?

Correspondance spéciale de Halimatou Sampil pour factuguinee.com

0 Commentaires

  1. Aucun commentaire pour le moment. Publiez le votre !

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas visible sur le site *

Le Factuel de Guinée est un magazine d'informations sur la Guinée. N'hésitez pas à nous faire part de vos remarques.

Back to Top