Affaire faux-médicaments : Dr Fodé Oussou Fofana pointe un doigt accusateur sur le gouvernement !

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« Un container ne peut pas disparaître avec à son bord des produits destinés à l’empoisonnement des Guinéens. C’est impossible ».
C’est avec ces propos que l’ancien président de l’Ordre national des pharmaciens de Guinée monte au créneau contre le phénomène de propagation des faux médicaments et le manque de réglementation dans la vente des produits pharmaceutiques.
« En tant que pharmacien, j’ai honte que la Guinée soit le carrefour des médicaments contrefaits de la sous-région. Puisque tous les faux médicaments qui circulent en Afrique, la base, c’est Conakry. J’ai été président de l’Ordre des pharmaciens pendant 14 ans. J’ai été président de l’Inter-ordre des pharmaciens d’Afrique pendant trois ans. J’ai fait le tour de tous les pays d’Afrique. Mais ce qui se passe ici ne se passe nulle part », a déploré dans la presse Dr Fodé Oussou Fofana.
D’après le président du groupe parlementaire des Libéraux-Démocrates à l’Assemblée Nationale, même s’il y a une loi qui protège les médicaments et qui donne le monopole aux seuls pharmaciens, il faut reconnaitre ses effets : « le médicament, de la même manière il peut guérir, de cette même manière il peut tuer ».
Avec le gouvernement de M. Alpha Condé déplore-t-il, « quand vous arrivez au marché Madina, vous avez le froid des médicaments. Les gens font des prescriptions. Ils font des perfusions. Ils ont des boutiques ouvertes. Quand vous marchez à travers Conakry, vous avez des médicaments dans des containers, avec la chaleur, sans aucune mesure de conservation saine. Et c’est dans ces containers-là que les vendent du valium, de la drogue aux gens, dans la plus grande impunité ».
« Quand vous allez à l’intérieur, vous voyez des boutiques de containers ouvertes, au vu et au su des autorités. On dirait qu’il n’y a pas d’Etat. On dirait que ce n’est pas le même Etat-là qui a donné le monopole aux pharmaciens. C’est là où on se rend compte que la loi est toujours violé ici. Sinon, les pharmaciens font des études. Ils sont diplômés. Ils font des stages pour mieux jouer leur rôle d’agents de santé publique. Mais le gouvernement démissionne complètement comme s’il n’existe pas. Il laisse des gens hors la loi manipuler l’Etat », a-t-il ajouté.
De facto, il se montre déjà favorable à une idée de grève contre l’anarchie qui caractérise le secteur d’activité : « si le Syndicat des pharmaciens demande d’observer une grève générale, je soutiens l’idée. Mais il ne s’agit pas de dire seulement qu’on fait la grève, il faut l’appliquer sur toute l’étendue du territoire national (…..) ».
« A l’Ordre, nous avons lutté des années durant. Nous avons pris des containers de médicaments appartenant à des militaires. On a failli nous tuer dans ce pays à cause de ces médicaments de rue. Mais quand il n’y a pas une volonté politique, quand le gouvernement démissionne, voilà ce à quoi on assiste. Aujourd’hui, quand vous voyez ces problème d’hypertension, de diabète et ces autres maladies de tous ordres, nous sommes emmenés à crier au déséquilibre sanitaire organisé. Puisque quand on prescrit une ordonnance pour un hypertendu, au lieu d’acheter les médicaments dans les pharmacies, il part se l’approvisionner à moindre coût dans la rue, au marché. Mais le prétendu hypertenseur qu’il achète là ne renferme rien. Rien d’autre que la poudre de farine et de manioc. Donc, le patient le prend comme s’il prenait un médicament, mais en réalité, non », renchéri-t-il.

SOW Telico

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