Décharge de Dar-es-Salam : « Dieu ne dort pas. Il vous voit ! », vocifèrent des victimes des deguerpissement

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A coups de pelleteuses, les alentours de la décharge de Dar-es-Salam, sont en train de disparaître de la carte. Les opérations de déguerpissements ont commencé, tambours battants, ce jeudi 23 mai 2019.

Ainsi, plusieurs bâtiments ont été cassés. Menacées depuis près deux ans, les victimes s’en remettent à la volonté divine. Selon certains témoignages, le début de ces opérations a fait plusieurs blessés.

Les bulldozers sont entrés en action au niveau du secteur 2 de Dar-es-Salam, sous la supervision des forces de sécurité. Aboubacar Soumah, qui habite ce quartier depuis plusieurs années, a assisté, impuissant à la démolition de sa maison. « On donne à Dieu. C’est le plus grand. L’argent qu’on a investi ici, nous papas n’ont pas travaillé avec le gouvernement pour l’avoir. C’est des pauvres gens qui ont travaillé au port, des dockers. Pourquoi, il faut déguerpir les pauvres ? », s’est-il interrogé.

Pour sa part, cette mère de famille n’a pu retenir ses larmes. « Je donne à Dieu. Je ne peux rien. Dieu ne dort pas. Il vous voit », dira-t-elle.

Plus loin, Diallo Alsény, marié à deux femmes et père de dix enfants, retourne les décombres de sa maison démolie, pour retirer ses biens épargnés par les bulldozers. « Ici, c’était ma maison. Depuis 1991, je vis ici. On cherche à confier nos bagages dans les quartiers. On garde là-bas, parce qu’on doit chercher où rester », a-t-il confié.

Cependant, cette autre dame se demande où aller après avoir assister à la destruction de sa maison. « Avant de déloger quelqu’un, tu dois lui trouver un abri. Où allons-nous, en plein mois de ramadan ? Certains parmi nous, ont des enfants qui vont à l’école. D’autres ont perdu leurs maris. Ce que nous demandons à nos autorités, c’est d’enlever les ordures et nous laisser ici. Sinon, quand on quitte ce lieu, on sera dans la rue », se plaint-il.

Pendant que les bulldozers rasaient les bâtiments, des jeunes du quartier ont barricadé la route pour exprimer leur mécontentement. Selon nos informations, il y aurait même eu plusieurs blessés.


SOW Telico pour Factuguinee.com

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