Avancement en grade dans les IES : les assistants victimes de ségrégation négative en Guinée !

ACTUALITE 1

Depuis quelques années, la République de Guinée engage des reformes dans tous les secteurs de la vie socio-politique, économique et culturel afin d’améliorer la gestion et assurer la performance. Cependant, parmi celles engagées dans le sous-secteur de l’enseignement supérieur certaines ont engendré des déséquilibres majeurs qui affectent dangereusement tous les progrès dans les institutions d’enseignement supérieur (IES) et des institutions de recherche (IR). C’est celle liée à l’avancement en grade qui fait plus de tort à l’enseignement supérieur et la recherche scientifique dans le pays.

Pour mieux comprendre cette problématique, nous avons rencontré Dr Taliby Dos Camara, enseignant-chercheur à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry qui a bien voulu nous éclairer sur la situation des Assistants évoluant dans le supérieur.

« Depuis cinq ou six ans, les réformes engagées dans le cadre de la ‘’qualification’’ du système d’enseignement supérieur et de recherche en Guinée connaissent des inégalités exacerbant d’une façon dangereuse et dégradante la situation des enseignant-chercheurs de grade d’assistant notamment celle liée à l’avancement en grade de ceux-ci. Tenez-vous bien, depuis 2011, je suis assistant avaec un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA) équivalent de Master 2 et en 2017, précisément le 7 septembre, j’ai obtenu mon Diplôme de Philosophae Doctor (Ph.D) avec trois articles publiés à l’international. Cette année, je veux dire au moment où je vous parle, des commissions CTS sont en train de siéger pour le recrutement en grade des Enseignant-chercheurs et des Chercheurs dans toutes les Institution d’enseignement et de recherche en République de Guinée. J’ai postulé pour passer en Grade de Maitre-Assistant (MA) avec 4 articles publiés pour un seul demandé, mais malheureusement, mon dossier a été rejeté par la commission CTS de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Tout cela à cause d’une réforme qui autorise les Maitres Assistants (MA), Maitres de Conférence (MC) et mêmes ceux non classés à postuler. Cette situation est un crime qui ne dit pas son nom sinon, une décision nationale doit être générale mais celle qui touche une catégorie est un crime. On nous demande d’aller au CAMES, alors que pour aller au CAMES, il faut des milliers dollars. Qui va payer ça pour les candidats. En abandonnant nos institutions pour aller au CAMES, la Guinée se débarrasse de la souveraineté nationale au profit d’une institution qui n’est rattachée à aucun Etat où, semble-t-il les choses se passent par copinage. Si les choses étaient respectées, je passais cette année Maitre de Conférence.» a déploré Dr Taliby Dos Camara.

« Certes, les Assistants sont de loin les plus nombreux (pas moins de 90% de l’effectif total) mais c’est seulement en Guinée, qu’on peut trouver des Assistants qui ont la Licence, Maitrise, Master 2 ou DEA et Doctorat (Ph.D). Comment peut-on mettre ensemble des gens qui n’ont pas le même niveau d’instruction et de formation ? Pire encore, dans certaines institutions d’enseignement supérieur et de recherche, mêmes les Directeurs n’ont que le grade d’Assistant, une situation qui n’est pas normale. En toute vérité, dans quatre ou cinq ans, il n’y aura plus d’enseignants de rangs magistral en situation de classe en Guinée car, tous les Professeurs actuellement en situation de classe sont soit à la retraite, soit proches de celle-ci. Cela veut dire que les reformes vont tuer l’enseignement en Guinée parce qu’un enseignant de grade d’Assistant ne doit pas enseigner car il est assistant, il assiste un enseignant de rand magistral.» a-t-il ajouté.

« C’est pourquoi, j’invite le Gouvernement notamment les ministres en charge de la fonction publique et de l’enseignement supérieur, le premier à assurer la prise en charge des diplômes des Guinéens qui ont travaillé dur et qui sont en train d’apporter leur contribution à l’amélioration de la qualité des services dans leur domaine, et le second, la rectification de l’injustice qui commence à prendre de l’ampleur dans l’enseignement supérieur et de recherche. Si rien n’est fait cette année, je me verrais dans l’obligation de donner seulement les cours de Travaux Dirigés (TD) et Travaux Pratiques (TP) l’année universitaire 2019-2020 en laissant les conférences aux plus gradés comme le recommandent les textes règlementaires en vigueur.» menace –t-il.

Ousmane Télico Sow pour factuguinee.com

1 Commentaires

  1. Fadiga Djiba

    la précision de Dr Taliby Dos Camara est vraiment une realité dont les autorités guinéenne chargées de l'éducation doivent faire face, pour une reforme du système d'enseignement non seulement universitaire sur lequel il s'est beaucoup focalisé mais aussi pré-universitaire

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas visible sur le site *

Le Factuel de Guinée est un magazine d'informations sur la Guinée. N'hésitez pas à nous faire part de vos remarques.

Back to Top