Quand «Thomas Dietrich » attaque injustement la Guinée ! (une analyse de Diaka Guirassy)

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Un article virulent, long et détaillé, sous forme de procès à charge violente contre la Guinée et son Président vient d’être publié par un certain Thomas Dietrich sur un site d’actualité français qui se fait appeler « le Média ». A sa lecture, face à une attaque d’une telle ampleur aussi gratuite, ordonnée, organisée, et tellement grossière et outrancière, on est en droit de se poser certaines questions avant d’y porter réponse.

D’abord, quel est ce site d’actualité qui se revendique lui-même ainsi : « engagé en faveur des causes sociales et écologistes, Le Média, de par son libre accès, s'efforce de remplir la mission de service public d'information aujourd'hui en voie de disparition dans le paysage médiatique » ? Ainsi, cet espace public serait une sorte de forêt de Sherwood à partir de laquelle une armée de Robins des Bois autoproclamés en mission sacrée organiseraient la résistance face à toutes formes d’abus de nature sociale et écologiste. Soit, mais site d’information ou de désinformation ?
Ensuite qui est derrière ce site ? On ne met pas longtemps à comprendre que ces combattants de la liberté universelle sont en réalité à travers ce média au service d’un parti politique français connu non pas pour son importance, il est très minoritaire, mais pour le bruit médiatique dont il s’est fait une spécialité en dénonçant tout sur tout quitte à écrire n’importe quoi, considérant qu’en démolissant tous azimuts on fait œuvre utile. Soit, mais question de point de vue !

Et quand on sait que le parti en question est « la France insoumise », alors plus aucune surprise. L’article fait logiquement suite à celui publié sur le même sujet la semaine dernière par Jean-Luc Mélenchon lui-même, le chef de ce petit parti qui compense la désaffection et le désintérêt qu’il suscite en épousant bruyamment des causes censées lui attirer l’aura que ne lui rapporte pas son engagement politique. Rien d’étonnant alors que l’article publié par « Le Media » soit de la même veine que celui de Jean-Luc Mélenchon, mal venu, déplacé et hors de propos. Soit, mais il n’engage que son auteur et ceux qui l’ont inspiré !

Et justement, dernière question avant d’évoquer le fond de l’article, qui est son auteur ? Le jeune Thomas Dietrich, pas encore trentenaire, est un personnage plus qu’ambiguë. Tout sonne faux chez lui. Présenté sur Le Média comme ex-haut fonctionnaire (mais impossible d’en savoir plus sur le sujet sauf que sa carrière dans ce domaine n’a pu être qu’extrêmement brève), il revendique comme une gloire d’être fiché S depuis 2018. Belle performance en effet ! Et puis il s’autoproclame spécialiste de l’Afrique. Dans ce domaine, à y voir de plus près, son expertise semble reposer sur la publication de deux ouvrages évoquant deux pays, la Centrafrique et le Tchad, pamphlets sans concession à l’encontre de leurs dirigeants taxés sans nuance aucune de dictateurs autocrates. Grossièreté, outrance, gratuité des considérations, attaques systématiques et tous azimuts, méconnaissance évidente des sujets abordés... sont en fait le fond de commerce de cet auteur en quête de reconnaissance. Vulnérabilité de notre monde aujourd’hui, la facilité d’accès des réseaux sociaux permet aujourd’hui à tous les imposteurs d’exister, et même dans le cas qui nous intéresse à un jeune auteur en mal de publication de se faire l’écho d’un pays et d’une situation dont il ne connait rien.

Aussi, une fois fixés les éléments qui permettent de bien comprendre le cadre général de l’article, il est nécessaire de répondre aux propos portés par Thomas Dietrich sur la Guinée.

Ils relèvent tous de la même méthode basée sur la méconnaissance, le mensonge, l’outrance, l’instrumentalisation et l’interprétation, constantes criantes et abondantes tout au long de l’article.

D’abord en ce qui concerne la Guinée et son histoire récente, qui peut sérieusement affirmer que le pays n’a pas changé de visage ces dix dernières années ? Si Thomas Dietrich était descendu dans les rues de Conakry fin 2010 (il est vrai qu’il n’avait pas 20 ans et entamait tout juste ses études supérieures), il aurait pu contempler un bien triste spectacle. Aurait-il eu le courage de le dénoncer avec la même virulence ? En effet, après cinquante-deux années de régimes difficiles, tous d’inspiration militaire à dérives dictatoriales, la Guinée était dans une situation apocalyptique. Les derniers dirigeants notamment, aventuriers militaires égarés dans le champ politique, avaient laissé le pays exsangue et la population en grande misère, tous les observateurs de l’époque le déploraient. Des militaires surarmés partout dans les rues de la capitale s’y livraient à bien triste besogne, pillant les étals, rançonnant les villageois, imposant la terreur et l’effroi qui se lisaient alors dans les yeux de la population. Les infrastructures délabrées, les services de base absents, la voierie défoncée, les hôpitaux fermés, les hôtels inexistants... bref, c’est un grand désordre généralisé qui régnait alors partout dans le pays, et toute la communauté internationale en dénonçait le fait.

C’est dans ce contexte pour le moins délicat, difficile et troublé que le Professeur Alpha Condé a été porté par les urnes à la tête du pays.

Tout était à faire ou à refaire, le chantier était total et concernait tous les domaines. Il s’agissait donc de s’attaquer d’abord aux vraies priorités nationales pour ne pas éparpiller l’action, émietter les moyens, amoindrir les effets. Le dossier sécuritaire en était une de taille, probablement la première, et le Président s’y est attaqué résolument. Réconciliation, démobilisation, restructuration..., les directives ont été rapidement données pour que les trois piliers incontournables de la sortie de crise soient entamés immédiatement, simultanément et de façon coordonnée. La décision était particulièrement courageuse à l’époque alors que le chaos régnait encore et que les réactions des militaires demeuraient imprévisibles. Et tout cela, ce sont des faits, pas des interprétations, et dans une démarche de neutralité, Thomas Dietrich aurait pu les relever comme tous les observateurs de l’époque.

D’abord, les Guinéens étaient tenaillés par la peur, une peur sournoise, insidieuse, indicible, celle qu’engendre la violence. En fait, c’est la violence entre Guinéens qui avant tout paralysait, car chacun se souvenait bien les faits récents comme les violences d’un certain 28 septembre au stade de Conakry.

Aussi le Président décidait de placer les délicates relations inter guinéennes au centre du jeu, le tout accompagné d’une habile politique de décentralisation multi domaines. Chaque communauté s’y retrouvait et tous les Guinéens se retrouvaient. Et aujourd’hui, la participation massive de la population aux événements organisés sur les grands sujets par le parti majoritaire traduit le sentiment des Guinéens venus de toutes les régions du pays pour écouter et soutenir leur président.

Ensuite, des solutions originales, utiles et intelligentes ont été décidées par le Président et concrétisées depuis dix ans pour résorber les nombreux sureffectifs de troupes, à l’exemple des non-immatriculés versés dans les Unités de Protection Civile, créées pour l’occasion au bénéfice des populations. Ces soldats du feu révéleront leur héroïque comportement durant la douloureuse épidémie Ebola en acceptant de s’engager dans les zones difficiles pour soutenir le personnel médical au mépris du danger sanitaire. Et comment ne pas évoquer l’Agence du Service Civique d’Aide au Développement, l’ASCAD, projet au sein duquel des cadres militaires apportent une contribution décisive pour aider à l’insertion professionnelle de jeunes Guinéens. Tous les partenaires internationaux œuvrant au profit de la jeunesse collaborent ensemble aujourd’hui au sein de l’ASCAD et relèvent tous les taux étonnamment élevés qu’obtient l’Agence en termes d’insertion. Là encore ce sont les faits qui parlent, et tout observateur impartial ne pourrait manquer de les relever.


Enfin, dès le début de l’année 2011, le Président a décidé de vider les rues de la capitale des nombreux individus en uniforme occupés à bien triste besogne. Replacées dans leurs casernes, les forces restructurées ont repris l’entrainement de façon professionnelle. En plus, les directives du Président les ont orientées vers la préparation opérationnelle aux Missions de Maintien de la Paix pour aider d’autres pays africains en difficulté. Un bataillon des forces guinéennes est aujourd’hui et depuis plus de cinq ans déployé au Mali au titre des Nations Unies. Au prix de la sueur et du sang de ses soldats, il apporte une inestimable contribution au service de la paix. Tout observateur averti de la situation guinéenne aurait eu à cœur de rapporter ces informations.

A la fin de l’année 2013, soit en moins de trois ans d’effort dans le domaine sécuritaire, les résultats ont été étonnants. La situation s’est notablement apaisée. C’est alors que la deuxième priorité nationale, le développement économique, a trouvé son nouvel essor. Pas de sécurité sans développement, pas de développement sans sécurité, le Président a depuis longtemps fait sien le vieil adage et, comme la situation sécuritaire le permettait, c’est alors qu’il a décidé d’impulser le développement économique. Ainsi, était maintenu l’équilibre général entre gestion de la sécurité et celle du développement.

De grands chantiers structurants ont pu être mis en place depuis, au plan minier notamment, atout majeur en Guinée, avec une ambition : les profits attendus du secteur minier doivent aider le développement du secteur agricole qui lui-même doit permettre à la Guinée de devenir le grenier de la sous-région. Le développement du secteur agricole doit assurer à la fois croissance et lutte contre la pauvreté. C’est cela le véritable objectif poursuivi et celui qui veut enquêter sans idées préconçues ne peut pas manquer de le relever.

Connaissant la faiblesse des infrastructures nationales, tant pour le minier que pour l’agriculture, le Président a depuis interpellé la communauté internationale et proposé des partenariats public privé originaux, de nature à combler au fil du temps ce handicap. Mais l’épidémie Ebola, qui a frappé cruellement la Guinée et l’a isolée trop longtemps de la communauté internationale a sensiblement contrarié l’ambition présidentielle. Elle n’a en revanche jamais entamé la farouche volonté d’atteindre l’objectif que le Président a fixé pour la Guinée.

C’est cela l’histoire des dix dernières années de la Guinée. Les chiffres atteints en matière de taux d’accès à l’énergie, aux soins, à l’éducation, à tous les services de base, mais aussi ceux du développement, de l’indice du niveau de vie, de la mortalité infantile, de l’espérance de vie..., tout est là qui montre le remarquable bond en avant réalisé dans l’espace des dix dernières années. Ce succès est d’autant plus méritoire compte tenu comme on l’a vu de la situation de départ. Ne pas reconnaître les faits et les résultats concrets relève alors de la malhonnêteté intellectuelle.

Thomas Dietrich s’étend aussi longuement sur le contrat de gestion portuaire qui sur décision du Président a été retiré des mains de la société avec qui un de ces prédécesseurs avait fait affaire. Cela est vrai, mais s’est-il posé la question du pourquoi ? A-t-il pris la peine d’examiner le contrat en question ? Dommage, car il aurait pu en relever les termes qui assuraient aux signataires de l’époque beaucoup de profit mais spoliait surtout la Guinée de façon honteuse. C’est contre cette spoliation que le Président a agi. La seule lecture du contrat originel aurait éclairé le jeune auteur expert de l’Afrique.

L’affaire de la nouvelle Constitution mérite aussi quelques détours. Celle qui prévaut aujourd’hui date de mai 2010. Elaborée et adoptée dans les circonstances de l’époque marquée par ce chaos profond précédemment décrit, ne pouvait tenir que du provisoire. Tous les Guinéens l’admettent. Après dix années de paix et de redressement sur tous les plans, la situation nationale a totalement évolué et chacun conviendra qu’il existe désormais un profond décalage entre cette Constitution et la situation actuelle. Il y a donc nécessité d’y porter remède au plus tôt. Et bien c’est cela et uniquement cela le véritable enjeu de la consultation populaire proposée sur ce sujet.

Enfin, force est d’évoquer l’opposition, celui qui se prétend son chef et la stratégie déployée tels que décrits par Thomas Dietrich, tant la méconnaissance du sujet, le mensonge et l’interprétation y prédominent. Mal renseigné sans doute, il semble d’abord méconnaître ce qu’il appelle opposition car il la réduit aux troupes menées par un des chefs d’une communauté, individu d’autant plus ambiguë que, fin connaisseur de la vie politique guinéenne, il l’instrumentalise à son profit exclusif. En effet, Thomas Dietrich feint d’ignorer la stratégie de cet opposant guinéen qu’il soutient. Elle est pourtant toujours la même depuis dix années, guidée par la violence et l’excitation, cherchant à faire couler le sang à tout prix pour rapporter sur les réseaux sociaux, sur les plateaux de télévision et dans la presse écrite des chiffres imparables et des images bouleversantes qui seraient le fait de l’action des seules forces de sécurité intérieure pour faire régner l’ordre. Le mensonge sans vergogne y est allègrement utilisé, comme par exemple l’implication des militaires lors des répressions de manifestation alors que chacun sait que justement, en Guinée, les militaires sont systématiquement consignées dans leur cantonnement lors des manifestations par souci de contenir la violence. C’est un fait qui peut être constaté lors de chaque manifestation. D’ailleurs, des représentants du parlement européen n’ont pas manqué de signaler l’attitude provocatrice de l’opposition et de son chef dans une récente séance à Bruxelles.
Nul n’est besoin d’aller plus loin. On l’aura compris, la désinformation est l’arme principale de Thomas Dietrich. C’est un jeu bien dangereux auquel se livre là le jeune auteur autoproclamé spécialiste de l’Afrique. Il en porte la responsabilité en relayant hélas les discours de haine propagée par cette même opposition et en les faisant passer pour revendication partagée.

Pour autant, cette instrumentalisation trouve vite ses limites aux yeux des Guinéens. Néanmoins, par respect pour ce peuple courageux et fier, Thomas Dietrich serait mieux inspiré de se cantonner à son expertise. D’évidence, ça n’est pas l’Afrique et encore moins la Guinée.


Par Diaka Guirassy pour factuguinee.com

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