En Guinée, le débat politique national s’effrite (première partie)

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Feutrés dans nos fauteuils, la tête plongée dans le clavier, soit disant politiciens que nous sommes, voyons empêtrer le débat politique dans la boue sans réagir, non pas parce que nous sommes incapables, mais parce que et surtout notre ego surclasse la raison, qui est pourtant le seul moteur de la politique, science dont nous croyons spécialistes.

Cet ego nous empêche de participer au débat politique que nous confondons aux débats de caniveaux « tout le connait tout et le monde a raison ». Les plateformes politiques et les réseaux sociaux sont devenus des dépotoirs de bêtises qui ne peuvent répondre à la question principale de l’action politique, « pourquoi nous nous engageons politiquement ? »; nos succès ne sont importants que quand seulement nous avons la sensation de faire du mal à l’adversaire que nous sommes créées , et le pire c’est de voir ce même adversaire jeter à la poubelle le résultat des décennies de dure labeurs : « le Gouvernement n’a rien fait depuis l’indépendance », pendant ce temps leurs enfants vont dans des centres de santé qui n’existaient pas, vont dans des écoles qui n’existaient pas ; leurs beaux-parents regardent la télévision et certains mêmes sur des Canaux payants ; pour la première fois leurs villages voient des lampadaires; ils comptent des dizaine d’immeubles R+ 10 dans des quartiers qui étaient autre fois des taudis ; c’est maintenant qu’ils apprennent qu’il est possible de dispenser et d’apprendre des cours universitaires à distance à partir des pays et des Universités de leur choix.

Malgré tout, ils sont calfeutrés dans « le Gouvernement n’a rien fait depuis l’indépendance», « n’a rien foutu depuis dix ans !»...Le populisme devient la norme et le clientélisme la règle : la transhumance politique bête et sans apport de qualités aux hôtes, s’y agrippe et s’y nourrit avec pour seul intérêt de faire du mal à l’autre. L’apologie du chantage politique et de la vengeance égoïste ne n’est pas loin. C’est l’appel au déficit moral de la chose politique.

Quand on fait le solde, on se rend compte que la «politique» ne consiste plus à proposer mieux, mais plutôt à détruire l’adversaire au détriment de la Nation. Le changement politique devrait s’inscrire dans la mire de « OPTA : On Peut Toujours Améliorer » ; il ne faudrait donc pas nier les progrès accomplis et rejeter l’existant, pour éviter l’éternel recommencement.

Il ne faudra surtout ne pas refaire les erreurs de la 2eme République qui a tout abandonné : potentiel humain et économique, unités de production et vision idéologique pour nous imposer un capitalisme sans repères. La perte de vision idéologique a entrainé la perdition ce que nous appelons couramment « Jeunesse et culture » qui assurait la cohésion sociale. La culture et le sport sont les seuls et uniques moyens d’assurer l’Unité Nationale, quand ils sont encadrés et idéologiquement orientés. Les conséquences de la perte du capital humain se mesurent par le fait que depuis l’indépendance à nos jours, les meilleurs cadres guinéens se recrutent toujours parmi ceux formes par la Première République et dans tous les domaines. Nous avons raté le tournant de 1985.

Le plus amer constat vient de ceux qui nous ont fait raté ce tournant, géré ce pays pendant 26 ans et qui ont appartenu à l’Administration Publique depuis la Première République, avec leurs slogans « par d’eaux, pas d’électricité, pas de routes » comme si eux, n’avaient jamais existés comme décideurs dans ce pays. Une démagogie plutôt nuisible, quand sait en plus qu’ils sont les architectes de la corruption en Guinée ! Avec eux la politique perd toute crédibilité.

Le débat politique se meurt parce que nous n’avons pas pu changer du « Parti Politique Privé » celui des fondateurs, au Parti Politique tout court. Les partis politiques actuels ne survivront pas à leurs fondateurs. Leurs acquis ne seront pas pérennisés parce que l’adhésion de la jeunesse n’a pas été suivie de formation d’une part, et d’autre part le choix politique des jeunes est plutôt fondé sur l’ethnie ou l’espoir du gain facile, dont la raison principale est ce déficit idéologique dont nous parlions plus haut.

Pour cet autre tournant décisif qui s’annonce, notre engagement politique doit être beaucoup plus sérieux : La classe politique qui a piloté la Nation jusqu’au point où nous sommes est vieille et vieillissante.
Faute à ceux qui ont saboté l’école guinéenne, une partie de la jeunesse volontaire et engagée n’a pas la formation adéquate, et un autre groupe de jeunes éveillés, bien formés est malheureusement coupé des réalités nationales. Quand ce dernier groupe s’invite dans le débat national on l’accueil par le négativisme « Heeee mon frère toi tu ne connais pas la Guinée, ici ce n’est pas comme ça. Tes idées ne marcheront pas ici » J’ai tellement entendu ce discours !

Il va donc falloir réconcilier ceux qui connaissent la Guinée et ceux qui ne la connaissent pas, pour qu’ensemble ils mettent leurs connaissances au service de la Nation ; pour ce il faudrait revenir au Président Ahmed Sékou Toure qui définit la politique comme suit : « La politique est le creuset où se fondent les énergies politiques, techniques, technologiques et culturelles d’une Nation, pour faire face à ses défis » ; la Nation c’est aussi nos frères et sœurs, nos filles et fils qui vivent ailleurs et ont appris tout ce que nos Universités n’offrent pas en termes de connaissance scientifique, politique et d’avancée technologique. Cette définition du Président Ahmed Sékou Toure nous enseigne que la politique est un outil de Développement et non pas une arme de destruction massive. Rappelez-vous toujours que l’adversaire politique est aussi guinéen.

La Guinée n’a pas un problème économique, social, culturel ou politique, elle a un problème politique dont les conséquences sont économiques, sociales, culturelles et politiques.
Nous reviendrons
Lavons-nous les mains régulièrement au savon et respectons les barrières sanitaires. N’oublions pas de surtout pas de laver proprement nos masques en tissus avant les réutiliser


Ben Daouda Touré pour factuguinee. com

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