Les larmes d'un fils de Zaly: En Guinée, le débat politique national s’effrite (2éme partie, (une yanalyse de Ben Daouda Touré)

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Dans la première partie, j’ai parlé du négativisme des discours politiques. Nous n’y reviendrons pas.
Depuis l’indépendance de notre pays en 1958, les Elections présidentielles qui s’annoncent seront les plus importantes de notre époque, en ce sens qu’elle correspond au vieillissement naturel de la classe politique; c’est dire que le changement générationnel obligatoire est imminent. Cela entrainera dans son sillage une réforme structurelle de L’Etat, parce que les défis auront changé et les outils de gestion différents avec le Numérique. Personne n’en parle en période électorale.

«Les Hommes passent, l’Etat demeure»; dans cette interminable campagne qui dure depuis dix ans, contre le Président de la République, le Professeur Alpha Conde, on parle de tout sauf de l’Etat. Or, après le passage de cette classe politique par la Nature ou par des Elections, nous hériterons d’un Etat et non d’un Homme. Actuellement on s’occupe beaucoup plus des Hommes que de l’Etat.

La lutte pour le contrôle des pouvoirs politiques et économiques et de les conserver, est normale de la part des Partis Politiques ; c’est leur raison d’exister.

La mise en place des politiques publiques pour l’amélioration des conditions de vie des populations, est le rôle de l’Etat au service de la Nation. C’est ce qui concerne le Peuple.

Il me semble très clairement que la frange intellectuelle prolifique en critiques, ne comprend pas cet aspect. Je dis bien les «Intellectuels». Les parents dans les zones rurales comprennent cela et l’expriment dans leurs prières : «Que Dieu donne à la Guinée un bon Président qui travaillera pour le Peuple, qui aidera les populations à sortir de la misère» ; c’est la prière qu’on entend dans toutes les mosquées, dans les toutes paroisses et autres lieux de cultes. Nos parents n’ont jamais parlé d’Ethnie en plus forte raison d’un Homme. Nos populations ont longtemps compris que les Œuvres d’un Homme sont plus importantes que sa personne et son ethnie.

Chaque peuple veut Paix, Protection et Sécurité dans leur extrême définition, pour son bien-être social et économique.

Il faut rappeler que l’Etat qui est Territoire, Population, Souveraineté et Institutions repose sur deux piliers : l’Armée et les Impôts.

«Pour défendre le territoire national, on crée l’Armée et on collecte les Impôts pour l’entretenir « Pour maintenir la Paix et le développement du Territoire, on crée des Instituions qu’on entretien avec les Impôts, sous la protection de l’Armée (Militaires, police, gendarmes … paramilitaires) ». Qui parle d’Institutions, parle de Ressources Humaines.

C’est-à-dire, que l’Etat au service de la Nation a besoin des Ressources Financières et Humaines pour faire face à ses obligations. Dans cette campagne qui dure depuis dix ans, je n’ai jamais entendu parler de fiscalité ou d’un programme de mobilisation des ressources financières.

Je n’ai jamais entendu parler des Ressources Humaines, en plus raison de formation des cadres futurs, sachant bien que la relève obligatoire est imminente.

Si l’Opposition qui veut l’alternance ne parle pas de l’Etat, de Ressources Humaines et Financières, je me dis qu’elle n’a pas de programme visant à l’amélioration des conditions de vie de nos populations. Elle est simplement dans la rhétorique de « tire-toi que je prenne ta place ». L’Alternance sans alternatives est une aberration ; un non-sens politique.

Lorsque l’Etat dispose des Hommes et des moyens financiers, on s’intéresse aux outils de gestion et de production. Aujourd’hui cet outil incontournable est le NUMERIQUE. Qui en parle?
Finalement, après l’instrumentalisation des Ethnies les unes contre les autres, toute cette tintamarre politique ne se résume qu’à une question de personne : «Tire-toi que je prenne ta place ».
Ils disent que le Gouvernement est corrompu ; nul ne doute qu’ils ne sont pas tous des sains dans l’Administration Publique.

Mais pourquoi voulez-vous qu’on remplace les nouveaux corrompus, par des anciens prédateurs?
Sommes-nous amnésiques? Pour financer la retraite de leur progéniture?
Si l’alternance qu’on me propose consiste à faire des habits nouveaux avec de la vieille étoffe, je dis :
Non, merci !

Le débat doit évoluer au-delà de la personne du Président de la République, nous sommes assez avertis pour pouvoir juger son bilan ;
Présentez votre programme alternatif et allons aux Elections dans la Paix.
Si nous voulons aider la nouvelle génération à prendre la relève, élevons le niveau du débat public ;
Les populations ne parlent pas d’ethnie, mais de l’amélioration de leurs conditions de vie.

Par Ben Daouda Toure pour Factuguinee.com

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