Interview de Idrissa Cherif, Président de l'Union pour le Changement de Guinée (UCG) : «Je demanderais aux candidats retenus de faire preuve de responsabilité lors de la campagne électorale afin d'éviter tous sortes d'affrontements et de troubles sociaux dans le pays »

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Ancien Conseiller Spécial du Président Moussa Dadis Camara, puis son Ministre Conseiller à la Communication, Idrissa Chérif, avait été investi par l’Union pour le Changement de la Guinée (UCG), pour la Présidentielle du 18 Octobre 2020. Mais le congrès a décidé autrement. Dans cette interview, le bouillant ministre du Capitaine parle de ses relations actuelles avec son ancien mentor et des dispositions prises pour mieux implanter son parti politique. Suivez !
Bonjour Monsieur le Président. Vous retourniez au pays, à la faveur de la présidentielle du 18 Octobre prochain, dans l’intention de vous présenter comme candidat. Mais à la dernière minute, vous y avez renoncé. Peut-on savoir les raisons ?
Idrissa Chérif : D’abord, je tiens à vous remercier pour cette opportunité que vous m’offrez ce matin pour m’exprimer dans vos colonnes. C’est vrai, depuis un moment, j’annonçais mon arrivée, que je venais pour la présidentielle avec mon parti politique. Vous savez, quand on crée un parti politique, c’est pour accéder au pouvoir. Donc, je venais dans l’intention de me présenter. Et dès que je suis arrivé, j’ai reçu un accueil chaleureux de mes militantes, militants et sympathisants. C’était le dimanche 6 Septembre 2020. Le lundi 7, nous avons eu une convention. Au cours de laquelle il y a eu trois commissions qui ont été mises sur pied pour travailler. Les trois commissions devraient aboutir à un résultat sur la participation ou non de notre parti à la présidentielle. Il se trouve que sur ces 3 commissions, 2 ont opté pour le « non », contre 1 seule pour le « oui ».
Cela s’est passé à deux reprises. La première phase, c’était à l’ouverture de la convention. La deuxième phase, c’était à la clôture, où le vote s’est fait en ma présence. J’ai eu un coup dur, mais en tant que bon démocrate, je me suis plié à la décision du congrès.
Mais avant cela, je suis venu en Guinée et j’ai présenté le chèque de Huit Cent millions, pour notre participation. Je veux dire, la caution pour la candidature. Aussi, pour dire qu’on est prêt pour la campagne de cette élection et que le fonds est disponible. J’ai opté pour ne pas faire la politique de la chaise vide et qu’il fallait aller à cette élection.
Pour la première fois, il fallait jauger notre popularité sur le terrain, pour voir dans quelle mesure on pourrait essayer d’aller à cette élection et la remporter.
Mais, le congrès a décidé autrement. Les causes étaient fondées, même si, par ailleurs, elles étaient trop insignifiantes, mais il fallait prendre en compte toutes les mesures que le congrès a décidées.
Quelles sont les causes évoquées par le congrès ?
D’abord, la non maîtrise du fichier électoral. Ensuite, la date du 18 Octobre fixée par le Président de la République. Nous avons estimé que nous n’avons pas été associés et d’une façon unilatérale le président a sorti un décret convoquant le corps électoral.
Plus loin, nous avons pensé qu’il est difficile actuellement d’aller en campagne à cause de l’état de nos routes et des travaux en cours sur des voies, ce qui fera que nous ne pourrons pas atteindre toutes nos cibles à l’intérieur du pays. Il y en a d’autres que je ne pourrais pas toutes les énumérer ici.
Donc, pour nous, il faut plutôt chercher à mieux nous implanter sur le terrain pour préparer les prochaines échéances électorales.
Justement, en parlant de cette élection présidentielle, comment vous la percevez ?
De toutes les manières, nous n’y participons plus. Evidemment, il y a des candidats qui se sont déclarés. Je crois que sur 13 candidatures, 12 ont été retenues. Une seule a été recalée.
Je sais qu’avant, il y avait des tensions. Mais avec la candidature de Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, la deuxième force politique, après le RPG AEC, je pense qu’on ne parle plus de tension et je suis convaincu qu’on aura une élection apaisée.
Vous savez tout de même que le combat du FNDC reste et demeure la défense de la constitution de 2010. Il ne reconnait pas la nouvelle et l’actuelle Assemblée Nationale. Quelle est votre position sur cette épineuse question ?
Moi, je suis l’une des premières personnes à m’opposer à un changement de constitution.
Pour moi, s’il faut aller à une nouvelle constitution, il faut que la problématique soit soulevée. Encore que lui Alpha Condé a été lui-même élu sur la base de cette constitution de 2010. Donc, ce changement constitutionnel n’avait pas sa raison d’être. S’il y a des difficultés dans la constitution, on peut bien faire des amendements. Mais la changer carrément et rentrer dans une nouvelle république, je ne comprends pas ! En le faisant, je me demande si le Président l’a fait pour lui-même ou pour le peuple ? Juste pour lui permettre de se présenter, car effectivement, la nouvelle constitution lui donne le droit d’être candidat.
En d’autres termes, Cellou Dalein Diallo de l’UFDG a eu raison de se présenter ?
Ça c’est un débat à l’intérieur de son parti. Savez-vous, chaque parti politique est autonome. Il a son indépendance. C’est la base qui a décidé qu’il aille et il s’est soumis à la volonté de cette base. Moi-même, j'étais contre cette option. Mais je voudrais être candidat, n’eut été la décision de notre congrès.
Au fond, il y a eu des revendications, des marches, des villes mortes. Mais ça été un combat stérile parce qu’en face, il y a eu un discours de sourds. Alors, au lieu que ce soient seulement les marches, il faut changer de stratégie, lutter pas seulement pour la défense de la constitution, mais pour la république.
En réalité, comment voyez-vous la candidature du président de la république, puisque la nouvelle constitution le lui permet ?
Pour moi, quand vous faites un mandat, deux mandats, vous devrez faire votre propre bilan. Voir si c’est positif ou négatif. Pour moi, le président devrait faire preuve de sagesse. Il doit montrer qu’il fait une constitution pour la Guinée et non pour lui.
Maintenant que vous n’êtes pas candidat, votre formation politique est-elle prête à accompagner les autres candidats en lice ?
Nous avons eu des contacts de part et d’autre. Je vais ce matin au siège de notre parti pour en discuter. Ensemble nous allons voir avec quelle formation politique il faut faire une alliance. Ou bien, dans le cas contraire, si nous devons rester neutres, on verra aussi.
Il y a eu combien de demandes dans ce sens, même de la Mouvance ?
Il y en a eu plusieurs, je dis bien de partout. On va toutes les examiner.
Une fois les élections terminées, Vous accepteriez d’intégrer le nouveau gouvernement qui sera mis en place si jamais on vous proposait un poste ?
Non. D’abord, je ne suis pas venu dans l’optique de participer à un nouveau gouvernement. Participer à la mise en place d’un nouveau gouvernement dépendra des accords que nous pouvons avoir avec le parti allié mais il ya encore des cadres au sein de mon parti que je peux proposer. Et cela au cas où nous faisons alliance avec un parti politique qui remporterait les élections. Pour moi, ce n’est pas une nécessité d’être ministre. Je l’ai déjà été, je pense qu’il faut faire la promotion d’autres cadres.
Quelles sont vos relations actuelles avec le Capitaine Moussa Dadis Camara ?
Nous avons des relations de fraternité. J’ai été un moment son ministre, son conseiller et aujourd’hui, c’est cette même relation qui continue d’exister entre nous.
Selon vous, qu’est-ce qui le bloque à Ouaga ?
Il a eu à le dire, chacun sait pourquoi il se trouve à Ouaga. On sait tous que c’est à la suite de ce qui s’est passé ici en Guinée qu’il s’est retrouvé à Ouaga. Maintenant ce qui le bloque à Ouaga, je pense que lui-même est mieux placé pour le dire. D’ailleurs, je crois qu’il a eu à s’expliquer plusieurs fois qu’il se sentait à l’aise à Ouaga. Si le Capitaine Moussa Dadis Camara demande à rentrer au pays, certainement le président de la République le laissera revenir, mais cela dépendra de lui. Quand on est ensemble, ce ne sont pas ces genres de débats que nous avons.
Votre message à l’endroit des 12 candidats retenus pour la présidentielle du 18 octobre prochain ?
Je souhaiterais que les élections se passent dans la paix et la sérénité. Je demanderais aux candidats retenus de faire preuve de responsabilité lors de la campagne électorale afin d’éviter tous sortes d’affrontements et de troubles sociaux dans le pays et je souhaite à chacun bonne chance pour la conquête du fauteuil présidentiel.
Interview réalis par
Bamba Bakary Gamalo, pour factuguinee.com

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