Interview de Laye Souleymane Diallo, Président PLP : « Nous sommes dans la gueule des crocodiles comme au temps des colons. Donc, il faut une révolution pour un changement radieux… »

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Laye Souleymane Diallo, présenté par le Parti de Liberté et du Progrès (PLP). C’est certainement le plus jeune des candidats de la présidentielle du 18 Octobre 2020. L’homme est plutôt très engagé. Il rêve d’une Guinée unie et prospère, où on ne parle pas d’ethnie. Une Guinée qui va vraiment mettre tout le monde au travail, pour relever ensemble tous nos défis. En tout cas, c’est un Laye Souleymane confiant de sa victoire au lendemain du vote qui s’est prêté à nos questions. Exclusivité !
factuguinee.com : Vous êtes apparemment jeune et très engagé pour la course à la présidentielle et vous êtes également peu connu dans l’arène politique guinéenne. Pouvez-vous nous dire qui est réellement Laye Souleymane Diallo et d’où vous venez ?
Laye Souleymane Diallo : Je suis Laye Souleymane Diallo. Je suis né à Kankan. J’ai fait mes études primaires et secondaires à Conakry et les études universitaires à Labé. Je suis un homme d’affaires. Je suis dans le monde du business. Je suis basé au Cameroun. Je me suis présenté à l’élection présidentielle suite à la situation précaire de mes collaborateurs, de mes amis. Qu’à chaque fois que je viens je les trouve dans la même situation, sans emploi. C’est ainsi que notre association, on l’avait transformée en parti politique, on s’est dit tout de suite pourquoi ne pas s’engager en politique ? Puisqu’il y a un vide politique qui est à observer. Et nous nous sommes engagés et voilà où nous en sommes aujourd’hui.
Vous êtes vraiment nouveau sur le terrain. Est-ce que vous arrivez à tenir ?
Nous tenons. Personne ne naît avec cette expérience politique. Les vieux-là aujourd’hui, ils l’ont appris. Nous sommes donc en train de l’apprendre.
Maintenant, plus de deux semaines de campagne, est-ce vous pouvez nous faire un bilan à mi-parcours ?
Ecoutez, selon un sondage du conseil des médias africains, nous sommes classés 3è. Tout ça grâce aux efforts que nous avons essayés de mettre en place. C’est-à-dire les stratégies. Nous ne faisons pas comme les autres le font. Des tapages ou propagandes dans la rue. Nous avons fait autrement. Nous allons voir les électeurs chez eux. Nous faisons la politique de portes à portes pour la mobilisation, la sensibilisation. D’ailleurs, nous avons fait la campagne avant la campagne par rapport aux autres. Nous sommes en avance par rapport aux autres. Ce sont des vieux, ils sont âgés que nous, ils ont commencé avant nous. Mais selon le sondage, nous sommes bien positionnés, nous sommes selon le sondage, 3ème. Nous sommes vraiment fiers.
Qu’est-ce que les jeunes de ce pays peuvent espérer de vous?
Pas de moi, mais du PLP ! Les jeunes doivent s’attendre à un changement radieux et harmonieux pour tout le pays. Et un changement tant attendu. Nous ne dirons pas comme les autres qui ont promis de transformer la Guinée en USA ou dépasser la Côte d’Ivoire en 5 ans. C’est faux! Les USA ont eu un développement de 200 ans. Comment quelqu’un peut dire qu’on va atteindre ce niveau en 5 ans ? Il ne faut pas qu’on nous fasse des illusions. Nous allons faire le développement ensemble avec les Guinéens. C’est le temps du changement. Nous sommes dans la gueule des crocodiles comme nous l’étions dans la main des colonisateurs. Nous sommes dans la même situation aujourd’hui. Le Guinéen est colonisé dans son propre pays. Sauf que la forme n’est pas la même chose.
Pour répondre à notre question, c’est dire que la campagne se passe bien ?
La campagne se passe bien sur le terrain. Ne pensez pas que nous sommes assis. Nous sommes sur le terrain. Les hommes sont déployés sur le terrain.
Ce n’est pas pour rien que le Conseil des médias africain nous a donné la place de 3è dans le sondage et étant un nouveau parti politique comme vous le dites !

Dans votre projet de société, qu’est-ce qui est prévu pour les femmes ?
La parité. Les femmes qui sont dans les groupements et dans les coopératives, les financements pour leurs projets. En tout cas, nous allons soutenir leur cause. Il est remarqué en Guinée, 60% des foyers sont tenus par des femmes. Donc, il faut soutenir ces femmes-là dans leurs actions. Nos papas, ils sont vieux. Dans les ménages ils n’arrivent plus à tenir. Ce sont ces femmes qui vendent le poisson, les mangues, les fruits… au marché pour les soutenir. Donc il faut les réunir en groupements pour les aider, à travers les micro-finances etc. Donc, nous avons de bons projets pour les femmes. Dans le gouvernement, la parité sera respectée sinon que je vous promets que les femmes seront déversées comme des abeilles.
On constate une vive tension entre d’une part le RPG AEC et d’autre part l’UFDG qui fait craindre un post-électoral agité. On s’attend même au pire ?
A mon niveau il n’y aura rien. Dans le combat des éléphants le poussin n’a rien à voir. Ils exposent le vrai problème qui existe entre eux, parce que cela déborde le cadre politique Ce qui est regrettable est que ça devient ethnique pendant que les gens vivent ensemble dans les quartiers en train de les observer. Nous, nous n’allons pas accepter cela. Nous continuons à sensibiliser les jeunes de ne pas tomber dans le piège de ces deux éléphants. Mais j’alerte la communauté internationale que ces deux-là ne représentent pas la paix en république de Guinée. Il faut qu’ils mettent de l’eau dans leur vin.
Selon vous, quels sont les maux dont souffre réellement la Guinée ?
Le plus gros problème de la Guinée, c’est la corruption. On a affamé le guinéen de sorte qu’il est devenu malhonnête. Ce gouvernement a une mauvaise politique dans son administration. Un vieux de 65, 70 ans fait quoi au bureau ? Il a fait son temps, il continue à faire le temps de ses enfants. Qu’il laisse la place à ses enfants et qu’on arrête à communautariser l’administration. La Guinée n’appartient pas à une seule ethnie. Elle appartient à toutes ses ethnies.
Le PLP est prêt à accepter les résultats, n’importe lesquels ?
On est prêt à accepter s’il n’y a pas eu de fraudes. Moi, je sais qu’il y a des zones je gagnerai là-bas. Il y a aussi des endroits où je n’ai pas de chance. Si par inadvertance on vole mes procès-verbaux, je ne serai pas d’accord.
Quel est votre fief ?
Toute la république de Guinée est mon fief. Je ne voudrais pas qu’on change un seul procès-verbal.
Cette affaire de nouvelle constitution, vous étiez en dehors d’ici. Quelle est votre position là-dessus ?
C’est déjà passé, on ne revient plus sur ça. Mon objectif, il a taillé sur mesure cette nouvelle constitution, nous allons aller l’enlever avec…
A quand votre départ pour l’intérieur ?
Dès samedi et mon allié Ely Kamano, lui, il bouge dimanche pour l’intérieur.
Ely Kamano est mon frère, on a les mêmes objectifs. Nous sommes tous des Panafricains.
Etes-vous prêt à intégrer un gouvernement, au cas où le PLP ne serait pas au pouvoir ?
Oui ! Je suis un patriote. Si je n’ai pas pu avoir le pain qu’on me donne le tapioca je vais prendre. Je suis prêt à servir la nation. Je suis prêt à accepter des compromis pour l’intérêt de la nation et non pas pour ma poche et pour la réconciliation nationale pour que le tissu social soit uni.
Dernier message à l’endroit des Guinéens ?
Je dirai de voter massivement pour le PLP le 18 octobre 2020. Au lieu de voir ces deux éléphants se battre pour leur intérêt et voir les jeunes faire des stands pour boire du café… Comment régler le problème de ces jeunes quand ils sont stigmatisés. L’heure du changement a sonné. Ce qui est sûr, ils sont en train de gaspiller de l’argent. La Banque Centrale est déjà vide. Ils ont tout pris.
Je sais moi, président de la République, j’aurai du pain sur la planche. Mais pour un véritable changement, votez PLP.

Interview réalisée par Bamba Bakary Gamalo, pour factuguinee.com

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