37ème Réunion du conseil des Ministres et des Gouverneurs des Banques centrales de la zone Monétaire de l’Afrique de l'ouest à Freetown: allocution de la ministre des finances, Présidente sortante du Conseil de Convergence !

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¬ Excellence Monsieur le Président de la République de Sierra Leone
¬ Mesdames et Messieurs les Ministres représentant les gouvernements des pays membres de la ZMAO
¬ Monsieur le Président du Comité des Gouverneurs des Banques centrales membres de la ZMAO
¬ Messieurs les Gouverneurs des Banques centrales membres de la ZMAO
¬ Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO
¬ Monsieur le Directeur Général de l’Institut Monétaire de l’Afrique de l’Ouest
¬ Monsieur le Directeur Général de l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest
¬ Mesdames et Messieurs, distingués invités.

Mesdames et Messieurs

C’est avec un grand honneur et un immense plaisir que je prends la parole devant cet auguste assemblé pour souhaiter à toutes les délégations ici présentes, une chaleureuse bienvenue à la 37éme Réunion du Conseil de Convergence de la ZMAO.

Je voudrais tout d’abord, en votre nom, exprimer ma profonde gratitude aux autorités et au peuple de Sierra Leone pour avoir accepté d’abriter cette réunion et pour toutes les excellentes dispositions qu’elles ont prises à cet effet.

Mesdames et Messieurs

Permettez-moi de constater avec un réel plaisir une présence massive des Ministres et Gouverneurs à la présente réunion. Cette forte mobilisation est incontestablement une preuve de notre attachement indéfectible à l’acte de foi que nos Chefs d’Etat et de Gouvernement ont posé à Accra, en avril 2000, en s’engageant à accélérer l’avènement d’une zone monétaire unique en Afrique de l’ouest.

Mesdames et Messieurs,

Il est vrai que, dans cet engagement collectif à l’égard des idéaux de l’intégration régionale, les performances de nos Etats ont été très contrastées au cours des dernières années. La conjoncture internationale n’a pas toujours été favorable, et plus singulièrement au cours de l’année écoulée, et la plupart de nos économies ont subi des chocs majeurs.

En effet, selon les dernières estimations du Fonds monétaire international, la croissance de l’économie mondiale a fléchi en 2016 et s’est établie à 3,1 %, contre 3,2% en 2015. Dans les pays avancés, le taux de croissance moyen est évalué à 1,6%, contre 2,1% il y a un an. Ce repli est enregistré dans la quasi-totalité des pays de la zone, mais à des rythmes différenciés. Ainsi, aux États-Unis, l’activité économique a ralenti quasiment au même rythme que l’économie mondiale avec un taux de croissance de 1,6% contre 2,6% en 2015. Dans la zone euro, le taux de croissance de l’économie enregistrerait également un léger repli et se situerait à 1,7% en 2016 contre 2% en 2015. En revanche, au Royaume Uni où le BREXIT était considéré comme la réalisation d’un risque baissier majeur, le ralentissement de la croissance a été heureusement relativement contenu à 2% en 2016 contre 2,2% en 2015.

Dans les pays émergents et en développement, le taux de croissance moyen stagnerait à 4,1% en 2016. Les pays émergents et les pays en développement d'Asie demeurant les locomotives de la croissance mondiale avec un taux moyen de 6,3% (6,7% et 6,6% pour les économies de la Chine et de l'Inde respectivement).

En Afrique subsaharienne, l’activité économique a également ralenti. En effet, la production de la région ne devrait croître que de 1,6% en 2016, contre 3,4% en 2015. Ce qui représente la plus faible performance depuis plus de vingt ans. Cette moyenne régionale masque toutefois une forte hétérogénéité entre pays. On observe en effet que ce sont les grands pays exportateurs de produits de base qui ont tiré vers le bas le taux moyen de croissance régional, tandis que les autres pays ont enregistré au cours de l’année écoulée une croissance économique robuste.

La faiblesse de la reprise de l’activité économique mondiale s’explique, entre autres, par la conjugaison de plusieurs facteurs, en particulier les effets restrictifs des politiques d’austérité mises en œuvre dans la zone euro, l’essoufflement du modèle de croissance de la Chine et du Brésil, les tensions apparues dans plusieurs grands pays émergents, à cause notamment de la baisse des prix des produits de base, l’augmentation des turbulences financières marquées par la baisse de la valorisation des actifs à risque et du prix du pétrole.

En Afrique subsaharienne, on observe qu’en dépit de la chute des cours des produits de base et des aléas climatiques qui ont ralenti l’activité économique dans certains pays, les ressorts fondamentaux qui ont porté la croissance dans la région depuis une dizaine d’années n’ont en général pas disparu. Il s’agit principalement des progrès dans la diversification économique, l’amélioration du climat des affaires, la démographie favorable, le dynamisme de la consommation privée et des investissements publics importants dans les infrastructures.

Mesdames et Messieurs

Dans notre zone, la situation globale n’est malheureusement pas très reluisante. En effet, selon les estimations de l’IMAO, la croissance du PIB réel moyen devrait se contracter à 0,6% en 2016 contre 2,8% il y a un an. Le taux moyen d'inflation de zone a atteint 15,4% à fin juin 2016, contre 10,2% à fin juin 2015.

La politique budgétaire dans la Zone a certes poursuivi globalement un objectif d'assainissement des finances publiques, mais la plupart des Etats membres ont enregistré des déficits budgétaires significatifs.

La masse monétaire de la Zone, exprimée en dollar, s'est contractée de 15,5% en juin 2016, contre -8,7% en juin 2015, reflétant en partie la forte dépréciation des monnaies des pays membres.

Mesdames et Messieurs

Ces performances mitigées impactent nos résultats en matière de respect des critères de convergence macroéconomique de premier rang. On observe en effet qu’à fin juin 2016, seul le Libéria a respecté les quatre critères. La Guinée et le Nigéria ont, respecté, chacun, trois critères, le Ghana en a respecté deux, tandis que la Gambie et la Sierra Leone n'ont respecté qu’un seul critère.

Au niveau des critères de second rang, trois pays (Ghana, Liberia, Sierra Leone) ont respecté les deux critères de second rang. Les trois autres pays (Nigeria, la Gambie et la Guinée) ont respecté un critère.

A ce stade et au regard de ces résultats, la proximité de l’échéance de l’avènement de la monnaie unique de la CEDEAO nous interpelle fortement. Nous devons donc intensifier nos efforts pour que les résultats soient tangibles et soutenus afin d’engager plus fermement nos économies dans une spirale vertueuse pour l’atteinte, à l’horizon 2020, des objectifs fixés dans la Feuille de route de monnaie unique de la CEDEAO dont le programme de la ZMAO est un des maillons essentiels.

Mesdames et Messieurs

Pour évoquer le cas particulier de mon pays, la Guinée, je voudrais rappeler qu’après deux années crise sanitaire et de chute des prix des produits de base, l’activité économique avait fortement ralenti. Mais le pays a été déclaré exempt de l'épidémie Ebola en juin 2016. Le climat des affaires a connu alors une amélioration sensible avec un regain de confiance des investisseurs et des consommateurs, notamment dans le secteur minier.

Nous avons également mis en œuvre plusieurs mesures pour améliorer la transparence budgétaire et la gestion de la dette. Notre stratégie budgétaire a été bâtie en partie sur des financements non-inflationnistes et l’objectif de renforcer les secteurs prioritaires. De même, notre politique monétaire prudente a permis de reconstituer les réserves internationales de la banque centrale et de maintenir l’inflation à un chiffre.

De sorte que, pour l’année 2016, un rebond de l’activité économique était attendu, avec un taux de croissance estimé à 5,2% et un accroissement du PIB/tête de 2,3%. La stabilisation du cadre macro-budgétaire s’est poursuivie avec notamment la réduction drastique du déficit budgétaire (solde primaire excédentaire à fin septembre 2016), la maitrise de l’inflation à 8,5%, la stabilisation du taux de change et l’expansion modérée de la masse monétaire.

Nous estimons que pour les prochaines années, des jalons solides seront ainsi posés pour le renforcement d’ensemble de la gouvernance et le progrès économiques et financiers du pays. Il y a tout d’abord l’établissement d’un cadre général d’intervention matérialisé par notre Plan National de Développement Economique et Social 2016-2020. Les résultats attendus de la mise en œuvre de ce plan, notamment en termes de croissance économique forte et inclusive, de consolidation des équilibres financiers et de maîtrise de l’inflation, devraient permettre à notre pays d’être présent au rendez-vous de la Monnaie Unique.

Mesdames et Messieurs

Il est de coutume, dans pareille circonstances de présenter un bilan du mandat qui s’achève. Permettez-moi de ne pas m’étendre sur ce bilan que je qualifierais, sans fausse modestie, de positif. Il traduit en effet toute la richesse des débats de la 40ème Réunion du Comité Technique et de la 34ème Réunion du Comité des Gouverneurs dont la quintessence vous sera soumise tout à l’heure.

Et je saisis cette occasion solennelle pour adresser mes félicitations au Directeur Général ainsi qu’aux cadres de l’Institut Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (IMAO), pour le travail qu’ils accomplissent quotidiennement et pour les heureuses initiatives qu’ils ont prises. Cette ardeur au travail et ces initiatives commencent à porter leurs fruits dans la poursuite de notre objectif commun de création d’une monnaie forte, stable et soutenable par toutes nos économies. Au titre de ces initiatives, permettez-moi de citer tout particulièrement la modernisation de nos systèmes de paiement, la mobilisation de ressources financières pour le renforcement des capacités de nos institutions économiques et financières et la redynamisation de nos politiques commerciales.

J’ose espérer que les recommandations qui découleront de nos débats permettront aux instances de la ZMAO de prendre les décisions idoines pour imprimer un regain de dynamisme à notre organisation pour le bonheur de nos populations.

Pour terminer, je voudrais remercier tous les membres du Conseil de Convergence dont la franche collaboration n’a jamais fait défaut dans l’accomplissement de mon mandat. Et je félicite, par anticipation, le nouveau Président, ou la nouvelle Présidente que nous allons élire dans quelques instants. Je lui souhaite plein succès dans l’exécution de son mandat et je souhaite plein succès à nos travaux.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

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