Persistance de la grève : la société civile invite les parties au dialogue ! (déclaration)

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Conakry, le 22 février 2018/Les Organisations de la Société Civile (OSC) signataires de la présente déclaration sont vivement préoccupées au sujet de la persistance du mouvement de grève qui perdure dans le secteur de l’enseignement pré-universitaire depuis le 12 février 2018. Ce mouvement lancé par le Syndicat Libre des Enseignants Chercheurs de Guinée (SLECG), paralyse le système éducatif sur tout le territoire national aujourd’hui.

En rappel, c’est aux termes d’une rencontre avec sa base le 7 novembre 2017 que le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée a décidé de déclencher le 13 novembre 2017 la première grève qui est le fait selon le SLECG du non-respect par le gouvernement des engagements pris dans les différents cadres de discussions, au point que les responsables syndicaux qui siègent dans ces différents cadres paraissent aux yeux de leurs mandants(Enseignant), inactifs et pire, de connivence avec le gouvernement. cette grève a été suivie d’une suspension, sous réserves , avec l’appui des religieux.
Malgré l’intervention des religieux suivi d’une rencontre avec le président de la République d'examiner ces revendications, un véritable dialogue n’a pas eu lieu à ce jour entre les enseignants grévistes et le Gouvernement.
Par ailleurs, les Organisations de la Société Civile ont constaté que desdites revendications, découlent des comportements qui n’honorent aucune partie car c’est l’avenir du pays et de celui de centaine de milliers de jeunes qui y sont affectés.
Les Organisations de la Société Civile signataires de la présente déclaration dénoncent le manque d’empressement du Gouvernement à résorber cette crise, qui fait planer le risque d’une année blanche dans le secteur de l’enseignement, ce qui constituerait une grave atteinte au droit à l’éducation, consacré par la Constitution, qui corrobore la disposition supranationale édictée par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, en son article 26 alinéa 1er :« Toute personne a droit à l’éducation… ».
Cette situation est inquiétante et préoccupante d’autant que le Chef de l’Etat, dans son adresse à la nation a dédié son mandat à la jeunesse et aux femmes, à « l’enseignement de base et à la formation qualifiante ».
Les OSC signataires déplorent la campagne de harcèlement et d’intimidations perpétrée à l’encontre des syndicalistes grévistes, par les différents services de l’Etat et certains ministres de la république notamment, et condamnent par conséquent ces entraves à l’exercice du droit syndical et de grève, édictés par la Constitution Guinéenne du 19 avril 2010, qui stipule en ses articles 20 : « … les citoyens guinéens jouissent des libertés syndicales et du droit de grève… ».
les OSC signataires déplorent : la sortie médiatique faite il y a quelques jours par certains ministres, la FEGUIPAE, le CNOSCG et le Patronat sur la télévision Nationale (RTG),qui vient ainsi cristalliser davantage les positions du SLECG. Les OSC condamnent cette intrusion dans la vie syndicale, en violation des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT).
Les Organisations de la Société Civile signataires condamnent les menaces de suspension de salaires car elles ne sont pas de nature à favoriser le climat pour la résolution définitive de la crise, car cette méthode de résolution des conflits sociaux non seulement n’est pas de nature à concilier les points de vue ni les positions des uns et des autres autour des intérêts défendus mais aussi et surtout traduit le mépris des autorités à l’égard des enseignants et n’augure pas d’un apaisement dont la grogne actuelle des enseignants n’est qu’un signe avant-coureur ;
Au regard de ce qui précède, les Organisations de la Société Civile signataires de la présente déclaration, appellent le Gouvernement de la République au devoir de responsabilité qui l’incombe, à œuvrer pleinement pour la reprise effective des cours sur toute l’étendue du territoire national. Elles invitent le Gouvernement à diligenter le règlement de ce dossier, compte tenu :
  1. Des risques encourus par les élèves, notamment la perte de connaissances acquises du fait de l’inactivité ;
  2. Des conséquences financières difficiles pour les parents dont les faibles revenus seraient davantage affectés ;
  3. Des risques d’insécurité et de banditisme avec leurs corolaires
A cet effet, les OSC signataires, recommandent au Gouvernement de la République de :

- ouvrir dans les plus brefs délais un cadre de discussion afin, que dans la sincérité, des solutions durables et consensuelles soient trouvées à tous les problèmes patents du SLECG.

- Garantir l’intégrité physique et psychologique des syndicalistes grévistes actuellement offensés dans leurs droits et procéder au paiement intégral du salaire du Secrétaire Général du SLECG Monsieur Aboubacar SOUMAH ;
- Garantir la liberté syndicale en Guinée, conformément aux dispositions de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme et de la Constitution du 19 avril 2010 ;

Convenir à un accord avec les syndicalistes sur les points de revendications exprimées ;
Garantir la sécurité des syndicalistes ainsi que celle des élèves et des enseignants dans les milieux scolaires et ailleurs ;
Faire la lumière sur les pertes en vies humaines enregistrées lors des deux dernières grèves ;
Les OSC signataires Prennent l’engagement à :

  • S’impliquer auprès du médiateur de la République et auprès du Secrétaire Général du SLECG pour un appui à la recherche de solution idoine pour une sortie heureuse de cette crise qui a tant durée
  • Mettre en place une commission des OSC pour rencontrer en toute urgence le Bureau Exécutif du SLECG et le porte-parole du Gouvernement pour baliser un chemin pouvant nous sortir de ce bourbier pour l’intérêt supérieur de la Guinée.
Vive l’Education Nationale !
Vive la Liberté syndicale !
Vive la Démocratie !
Vive la République !


Fait à Conakry, le 21fevrier 2018
Les Organisations de la Société Civile signataires :

  1. Forum Civile Citoyen,
  2. Coalition Nationale des Jeunes Unis pour le Progrès de la Guinée ;
  3. Mouvement Option Citoyenne ;
  4. Réseau des ONG pour l’Education et la Protection des Enfants (RONGEPE) ;
  5. Réseau des ONG pour la Sauvegarde de l’Environnement.

Les Organisations de la Société Civile signataires :
  1. Forum Civile Citoyen,
Boubacar SYLLA-Président

  1. Coalition Nationale des Jeunes Unis pour le Progrès de la Guinée ;
Mr .Cheick Amed Tidiane CONTE

  1. Mouvement Option Citoyenne ;
Mr BARRY Mohamed
  1. Réseau des ONG pour l’Education et la Protection des Enfants (RONGEPE) :
Mme Fata KOUROUMAH

  1. Réseau des ONG pour la Sauvegarde de l’Environnement.

Mme DIALLO Néné Diamy


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