Immigration Clandestine : l’Europe minée par la crise migratoire sans précédent !

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« Moi aussi, un jour, je partirai » : reportage choc de Libération ce mardi matin sur ces jeunes Tunisiens, désespérés par le chômage et l’inaction qui tentent leur chance en Europe, en traversant la Méditerranée au péril de leur vie. Au moins 50 migrants ont péri au large des côtes tunisiennes ce week-end.
« Depuis le début de l’année, pointe Libération, ils sont près de 3.000 chômeurs à avoir pris la route de Lampedusa. (…) De la région minière de Metlaoui aux îles Kerkennah, d’où ils partent pour l’Italie, le journal a suivi la route qu’empruntent les jeunes Tunisiens sans avenir. »
Ici, à Metlaoui, constate l’envoyé spécial du journal, « la terre ne donne rien de végétal. Même les oliviers ont renoncé à s’y accrocher : le sol semble mort, brûlé par un soleil trop grand et un ciel trop bleu. Les hommes, comme les plantes, n’ont pas grand-chose à faire ici. » La seule activité, c’est le phosphate, exploité par une société d’Etat. « 'A Metlaoui, le phosphate est le rêve de tous les jeunes. C’est ça ou Lampedusa', résume Ahmed Jedidi, 26 ans, titulaire d’un master de civilisation française. Il y a beaucoup de diplômés comme lui, à Metlaoui. » Et pratiquement tous sont au chômage…
Du coup, ils sont nombreux à tenter la traversée.
Cette année, constate Libé, « les Tunisiens représentent le plus important contingent de migrants arrivés en Italie, devant les Erythréens et les Nigérians. La traversée dure une nuit. Contrairement à une idée reçue, les émigrants ne montent pas sur des canots pneumatiques ou des barques vermoulues, comme en Libye voisine. A Kerkennah, les passeurs comme les passés sont tunisiens. Un lien social les attache malgré tout, on ne risque pas des vies de compatriotes à la légère. 'La traversée est 100 % garantie, c’est comme un aéroport', décrivait Ahmed Souissi, 30 ans, coordinateur de l’Union des diplômés chômeurs, quelques semaines avant le naufrage d’une embarcation surchargée le week-end dernier, au cours duquel plus de cinquante migrants sont morts noyés. »
L’Europe impuissante ?
Alors que peut faire l’Europe face à cette pression migratoire ? « Quelle politique ? Elle est connue dans son principe, pointe Libération, même si rares sont les élus qui osent la formuler. Accepter l’ouverture et l’accueil, pour des raisons de principe et par nécessité démographique et économique de long terme, mais dans le cadre de règles claires qui supposent une régulation précise. Ouvrir par exemple des +couloirs de régularisation+ en faveur des réfugiés placés dans des camps, ce qui suppose évidemment d’opérer un choix parmi eux, sur place, en fonction de leur situation. Prévoir une immigration économique, à condition qu’elle soit proportionnée aux capacités d’accueil et à la situation de l’emploi, ce qui suppose là aussi un choix. La générosité idéale voudrait qu’on s’abstienne de choisir. Mais si cette générosité favorise la victoire xénophobe, elle aura l’effet inverse de celui qu’on cherche. »
Ce mardi, rapporte Le Figaro, « les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne se retrouvent à Luxembourg. Pour la énième fois, la crise migratoire sera au cœur des discussions. Et pour la énième fois aussi, il est probable qu’il n’en sortira rien, soupire le quotidien de droite. Sinon le constat de l’impuissance de l’Europe à s’entendre pour résoudre l’un des plus grands défis qui lui sont posés. Il y a pourtant urgence aujourd’hui à trouver des solutions, s’exclame Le Figaro. En l’absence de réponses pragmatiques, l’Union européenne pourrait courir à sa perte. Et signer, par son irréalisme face à l’immigration clandestine, sa propre disparition. »
Là aussi, Le Figaro avance des solutions, pas forcément les mêmes que celles préconisées par Libération : « le règlement de la crise migratoire passe par une mise sous conditions de nos politiques de coopération avec les pays de départ. La raison commande aussi aux États membres de se réapproprier leurs frontières. Un sursaut est indispensable si l’Europe ne veut pas apparaître comme une machine à broyer les nations et leurs peuples. »
L’audiovisuel public va entamer sa mue
A la Une également, grand chambardement en perspective dans l’audiovisuel public en France… Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, a présenté hier les orientations de la réforme de l'audiovisuel public. « Elle demande, précise Le Monde, l’augmentation 'significative' des programmes régionaux de France 3 et la suppression de la chaîne pour enfants France 4 de la télévision hertzienne. L’audiovisuel public devra investir dans le numérique 150 millions d’euros de plus par an, à l’horizon 2022, et 'sanctuariser' ses investissements dans les séries, les documentaires… Le modèle social de France Télévisions devra être 'réformé'. »
La grande ambition de cette réforme, c’est de partir à la conquête des jeunes qui ne regarde plus la télévision…
« La logique est implacable, relève ainsi Le Figaro : les ados connectés à Facebook, shootés à Netflix, accros à Twitter et postant leurs propres vidéos sur YouTube ne vont pas se mettre soudainement à regarder Nagui et le Capitaine Marleau, une fois devenus adultes. Leurs enfants, encore moins. Après avoir pris un train de retard, l’audiovisuel public est donc sommé de mettre les bouchées doubles pour prendre un temps d’avance. Le défi à relever est immense, s’exclame encore Le Figaro. Partout, les jeunes font défaut. En Angleterre, la BBC a déjà basculé une grande partie de son offre jeunesse sur le numérique, afin de coller aux nouveaux usages. »
Du chemin à faire…
Alors, « numérique, création et reconquête des jeunes : si les objectifs de la ministre de la Culture annoncés hier sont peu critiquables, difficile, estime Libération, de les concilier avec les économies qui vont être demandées. La suppression annoncée de France 4 ne suffira pas. (…) Il reste donc du chemin à faire. S’il n’est pas question de toucher aux programmes, on voit mal comment les personnels pourraient être épargnés. Gare aux turbulences sociales. »
En effet, renchérit La Montagne, « le projet est ambitieux, joli, moderne (…). Mais il est escorté d’un plan d’économies, selon cette philosophie très répandue qui voudrait qu’on fasse mieux avec moins. »
Et de plus, souligne Le Parisien, le processus sera long… « Derrière ces annonces marquantes, 'la réforme de la gouvernance', 'le financement', 'la régulation à l’heure du numérique' et la modification des pouvoirs du Conseil supérieur de l’audiovisuel vont être étudiés dans une future loi, prévue 'courant 2019'. Pour limiter la grogne, la ministre a confié à plusieurs connaisseurs du secteur dont l’ancienne journaliste Isabelle Giordano et l’ancien patron de France Télé Marc Tessier une mission de concertation. Autant boîte à idées pour l’avenir que bureau des pleurs.»

Source : Rfi.fr

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