Situation en Guinée Bissau et en Centrafrique : François Louncény Fall donne la position du gouvernement guinéen !

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« Nous ne sommes pas d’accord avec la solution qui est donnée par la CEDEAO en bissau-guinéenne»

A la faveur de l’investiture du président Macky Sall au mois de mai 2012 à Dakar, le président Alpha Condé a été désigné par ses pairs comme médiateur dans la crise militaro-politique qui ébranlait la Guinée Bissau. Une médiation qui, faut-il le rappeler, a suscité de vives désapprobations de la part de certains protagonistes de cette crise, notamment l’ancien président Koumba Yala. Celui-ci reprochait au médiateur en charge de leur crise, sa proximité de ses adversaires politiques du PAIGC, parti qui est arrivé en tête à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle.

S’étant mué dans une double récusation systématique, et du médiateur et des résultats sortis des urnes, Koumba Yala incitera les militaires à confisquer l’ordre constitutionnel par la suite. Depuis lors, Conakry, qui souhaitait voir le deuxième tour rapidement organisé, a marqué le pas sinon mit le dossier sous veilleuse en guise de désapprobation à la démarche de la CEDEAO qu’elle trouve complaisante vis-à-vis de la junte qui s’est emparé du pouvoir à Bissau.

Voici ce que Fall a expliqué à la presse pour justifier la position guinéenne sur ce dossier de la Guinée Bissau :

« En ce qui concerne la Guinée Bissau, vous me donnez l’occasion de parler clairement de la position de notre pays. Il est évident que nous avons vu venir la crise à Bissau et ce n’était guère une surprise pour nous. La Guinée Bissau était en plein processus électoral. Le premier tour de l’élection s’était bien déroulé, la communauté internationale a pris acte des résultats de ce premier tour de l’élection présidentielle. Mais les perdants de ce premier tour, n’ont pas accepté la victoire de l’autre camp et on a commencé à comprendre qu’à Bissau, des hommes politiques étaient en train de pousser l’armée à prendre le pouvoir. Comme il y avait un accord entre le gouvernement de Guinée Bissau et l’Angola pour une présence militaire, ils ont commencé à demander aux Angolais de quitter le pays. Le président de la République, Alpha Condé, après avoir pris contact avec le Représentant spécial des Nations Unies à Bissau, m’a dépêché auprès du président de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara qui est le président en exercice de la CEDEAO pour qu’une action soit prise aussitôt afin de protéger le processus électoral, maintenir l’ordre constitutionnel et arriver à l’organisation d’un deuxième tour de l’ élection. Ce qui devait passer par le maintien sur place des forces Angolaises jusqu’à ce que la CEDEAO envoie des troupes pour sécuriser le processus électoral et les institutions de la transition. C’est après cette mission à Abidjan que les choses se sont précipitées à Bissau. Ce que nous avions vu venir, s’est réalisé parce qu’il y a eu le coup d’Etat. Mais, la position de la Guinée sur la Guinée Bissau, est différente du traitement qui a été fait à Bissau. Nous ne sommes pas d’accord avec la solution qui est donnée par la CEDEAO.

Nous appartenons à la CEDEAO, nous sommes un élément actif mais, la CEDEAO en ce qui concerne la gouvernance politique, a des règles bien établies et elle a une longue et riche expérience en ce qui concerne la gestion des crises. Elle a déjà réglé des problèmes en Côte d’Ivoire, au Niger, en Guinée, au Liberia, en Sierra Leone et dans beaucoup d’autres pays. Mais pour le cas de Bissau, la solution qui est donnée ne répond pas aux critères que nous avions accepté ensemble. Nous ne pouvons pas accepter que l’opinion internationale ait l’impression aujourd’hui comme si la CEDEAO avait avalisé un coup d’État à Bissau. Parce que ce sont les perdants de l’élection présidentielle, ceux qui ont initié le coup d’État qu’on a mis aujourd’hui au pouvoir à Bissau pour assurer une nouvelle transition. Alors qu’elle ne devrait pas se faire de cette manière. C’est la raison pour laquelle, nous ne partageons pas le point de vue de ce qui s’est passé à Bissau. Au niveau de l’Union Africaine, des Nations Unies, le gouvernement actuel n’est pas reconnu, c’est l’ancien gouvernement de Transition qui est reconnu. La CEDEAO ne peut donc pas se mettre en marge de la situation internationale, prendre une position qui mérite d’être corrigée. C’est la raison pour laquelle, la communauté internationale a demandé qu’il y ait une réunion urgente entre la CEDEAO, l’Union Africaine, les États Lusophones, l’Union Européennes et les Nations Unies pour qu’une solution normale soit trouvée. C’est cette position que la Guinée défend dans la crise de Bissau. Nous estimons que c’est la solution de la raison, de la justice, du Droit et aussi des principes qui gouvernent la prise du pouvoir par les méthodes constitutionnelles. C’est pourquoi, notre médiation à Bissau n’est pas très active bien que le président reste toujours le médiateur. Mais la médiation que le président Alpha Condé fait, c’est de faire en sorte que l’on revienne aux valeurs qui ont toujours guidé notre organisation sous régionale en matière de crise survenue dans les pays membres. Je suis certain que cette situation sera corrigée à Bissau à un moment ou autre. »

S'agissant de la Crise en République Centrafricaine (RCA)

Pour avoir été représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies avant de se lancer en politique dans son pays, Louncény Fall passe aujourd’hui comme l’un des fins connaisseurs du dossier de la RCA.

« Mon dernier poste à l’étranger a été dans ce pays. Lorsque j’étais représentant spécial, nous avons signé l’Accord global de paix à Libreville entre le gouvernement et les groupes rebelles. A l’époque, on avait franchi une étape importante. Il y a eu un dialogue politique inclusif qui a été organisé avant mon départ. Certainement que l’inclusion de ce dialogue politique et de l’accord global n’ont pas été respectés après et, nous retombons aussi dans un cycle de violences en Centrafrique’’, a déclaré Louncény Fall dès l’entame de ses propos sur la question de la crise centrafricaine.

Il précisera que la règle première est qu’en Afrique, on ne puisse jamais prendre le pouvoir par la force. Fall soutient qu’aucun gouvernement ne peut entretenir la prise du pouvoir par la force quelles que soient les données.
Car, il se dit persuader que c’est par le dialogue et par la concertation seulement qu’on peut trouver des solutions aux problèmes posés à l’intérieur des États. « La Communauté des États de l’Afrique Centrale (CEAC), qui était réunie le jeudi 10 décembre au niveau des chefs d’État, est en train de gérer la question de Centrafrique », a-t-il rapporté.

Nous sommes loin de Centrafrique, dira Fall et de préciser que ce pays appartient à une organisation sous régionale très active qui a déjà envoyé des troupes pour sécuriser Bangui et faire en sorte qu’il y ait un dialogue politique entre les groupes rebelles ou les politico-militaires, l’opposition démocratique qui est à Bangui et le gouvernement central.

« Nous espérons en tant que pays africain que nous suivrons cette évolution et la position de la Guinée était que toutes les conditions doivent être remplies dans ce pays pour un dialogue constructif entre toutes ces entités pour que le pays retrouve son harmonie et poursuivre dans la voie de la légalité et de la souveraineté. Afin qu’une solution normale puisse gérer ce pays. Donc, nous suivons la situation en Centrafrique avec beaucoup d’intérêt et nous espérons que les consultations qui ont lieu actuellement à Libreville déboucheront. Déjà, il y a l’idée du cessez-le-feu, ce qui est déjà une avancée. Après le cessez-le-feu, c’est le règlement politique qui vient et nous souhaitons que ce règlement politique puisse mettre tous les acteurs politiques autour de la table et qu’ils trouvent une solution pour le présent et pour l’avenir de Centrafrique », a-t-il souhaité.

Guineenews
factuguinee.com

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