Ebola: des Africains de New York condamnent la stigmatisation dont ils sont victimes

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Des membres de la communauté africaine de New York ont dénoncé mercredi le harcèlement dont leurs enfants font l'objet à l'école et les difficultés rencontrées par leurs commerces à cause de l'hystérie autour du virus Ebola.

La semaine dernière, deux garçons sénégalais, suspectés par leurs camarades d'être infectés, ont été tabassés dans une école du Bronx et durent être hospitalisés, ont rapporté des responsables communautaires lors d'une conférence de presse du African Advisory Council (AAC) dans ce quartier new-yorkais où vit la plus grande communauté africaine des Etats-Unis.

Les garçons avaient déménagé à New York trois semaines plus tôt afin de rejoindre leur père, Ousmane Drame, un chauffeur de taxi qui vit aux Etats-Unis depuis près de 20 ans.

Cette agression découle, selon M. Drame, de l'ignorance autour de la maladie.

L'affolement a gagné de nombreux Américains depuis qu'un Libérien a apporté le virus aux Etats-Unis. Il est décédé dans un hôpital texan. Deux soignantes qui étaient à son chevet ont contracté la maladie à leur tour, avant de guérir.

Un médecin américain rentré à New York après avoir soigné des malades d'Ebola en Guinée est pour l'heure le seul patient infecté par Ebola aux Etats-Unis. Il est soigné en quarantaine dans un hôpital à New York.

"Nous condamnons toute stigmatisation liée à Ebola (...) toute stigmatisation à l'encontre de nos enfants à l'école", a déclaré Charles Cooper, le président du comité du Bronx de l'AAC.

Moussa Kourouma, chauffeur de taxi et président d'une association communautaire guinéenne, a rapporté que la famille d'un garçon de cinq ans - pour lequel un test a démontré lundi qu'il n'était pas infecté par Ebola - a peur de rentrer chez elle dans le Bronx.

Il a ajouté que les immigrés issus des pays touchés par l'épidémie (Sierra Leone, Liberia et Guinée) ont désormais peur de se rendre à l'hôpital quand ils sont malades ou de dévoiler leur origine à des clients. Un client a demandé à sortir de son taxi après avoir appris qu'il venait de Guinée, a-t-il raconté.

Stephanie Arthur, une des responsables de l'AAC, a dit à l'AFP qu'elle ne pouvait pas chiffrer précisément le nombre d'incidents dus à Ebola, mais a affirmé que cette maladie avait aggravé le harcèlement dont beaucoup d'enfants africains souffrent déjà en raison de leur origine.

Le problème ne s'est pas posé qu'à New York, a-t-elle précisé, faisant état de cas de harcèlement au Texas.


AFP

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