Secteur bancaire : Un bras de fer pointe à l’horizon !

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A quelque semaines du premier anniversaire de la disparition tragique de Dr Ibrahima Fofana, secrétaire général de la FESABAG, Fédération Syndicale Autonome des Banques et Assurances de Guinée, (le 16 avril 2010), les travailleurs du secteur des banques ne savent plus à quel saint se vouer. Et pour cause ? Il n’est pas évident qu’une revalorisation des salaires intervienne cette année. Pour la simple raison que le mouvement syndical bancaire traverse une crise de leadership après le décès de Dr Fofana. En effet, le défunt pesait de tout son poids sur l’organisation syndicale. Les employés de banque l’auront appris à leurs dépens.

La grève déclenchée le 15 avril 2010, la veille de l’accident qui coûta la vie au leader syndical, suspendue le 26 avril et reprise le 10 mai pour prendre fin le 12 mai ne donna pas entière satisfaction aux travailleurs. Pour bon nombre d’observateurs, si Fofana avait mené les négociations, quelque chose de plus consistant aurait été obtenu pour les travailleurs.

Ce n’est un secret pour personne, la dépréciation du franc guinéen ces derniers temps a sérieusement affecté le pouvoir d’achat des travailleurs des secteurs publics, mixtes et privés.
En apparence, pour l’homme de la rue et bon nombre de clients, les revendications exprimées par les travailleurs du secteur bancaire sont quelque peu farfelues et exagérées. Ces personnes s’imaginent que des agents qui manipulent des sommes d’argent perçoivent des salaires de nababs. La réalité des chiffres est toute autre : à titre de comparaison, dans la sous région le niveau des salaires distribués en Guinée est bien en deçà de la moyenne. Une situation imputable à l’absence de politique nationale de salaire. Depuis 1985, année de mise en place du nouveau système bancaire, les différents gouvernements qui se sont succédés ne se sont guère souciés de se pencher sur la question. Conséquence : les multiples réajustements de salaire opérés n’ont en réalité servi qu’à conforter le pouvoir d’achat des travailleurs sans pour autant corriger la perte de revenu subie durant des années.

Les semaines qui vont suivre seront cruciales sur le front social du système bancaire. De sources dignes de foi, les directeurs de banque se sont donnés la consigne de faire l’impasse sur toute négociation cette année. Ils veulent probablement profiter du vide et de la confusion qui prévalent depuis la disparition d’Ibrahima Fofana.

En effet, malgré les apparences, la Fédération Syndicale des Banques et Assurances de Guinée traverse une crise qui ne dit pas son nom. Selon les documents du dernier congrès national de cette fédération tenu en avril 2005, deux secrétaires généraux adjoints sont censés suppléer l’absence du secrétaire général décédé. Pour des raisons indépendantes de leur volonté ces deux leaders syndicaux n’ont pu exercer pleinement leur mandat.

Il s’agit de Hadja Mariama Penda Bah, qui a occupé les fonctions de ministre d’Etat chargée du travail et de la fonction publique, et de Louncény Camara président de la CENI. Tant bien que mal, le bureau fortement diminué essaie de faire face à ses obligations mais sans résultats probants. Pour preuve, depuis le début de l’année, les syndicalistes n’ont pas encore réussi à mettre au pas les directeurs de banque pour l’amorce de négociations paritaires. Fermes sur leurs décisions, les directeurs de banque toujours selon nos sources, sont déterminés pour maintenir le statu quo, quitte à gérer une situation de crise, c'est-à-dire un débrayage des travailleurs. Nous n’en sommes pas encore là, puisque les syndicalistes devront prouver leur capacité de mobilisation dans les jours à venir.

Focus de factuguinee.com

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